CANCER DU COL DE L’UTERUS : VACCIN ET PREVENTION

En 2018, 2920 nouveaux cas ont été recensés avec 1117 décès. Le taux d’incidence dans le monde est de 6,1 femmes sur 100 000 et le taux de mortalité est de 1,7 femme sur 100 000. Ces chiffres sont heureusement en diminution régulière depuis les années 90 mais la diminution a tendance à ralentir depuis les années 2000.
L’âge médian de diagnostic est de 51 ans, et que les traitements sont les mêmes que ceux utilisés en cancérologie en général, à savoir chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie dans certains cas. Comme pour les autres types de cancer, quand la maladie est diagnostiquée, il y a un certain pourcentage de patientes qui ont développé des métastases et qui peuvent donc présenter un mauvais pronostic.
Les stratégies préventives : le meilleur moyen de le traiter, c’est d’agir avant qu’il ne soit là.
Donc en ce qui concerne les stratégies préventives, il y en a deux : d’abord il y a le dépistage. Il s’appuie sur un examen gynécologique simple qui consiste en un prélèvement de cellules au niveau du col de l’utérus puis d’une observation de ces cellules afin de déterminer s’il y a des lésions ou pas. Il se fait tous les trois ans à partir de 25 ans de sorte que, si un cancer devait se développer, il serait vu à un stade très précoce et donc nécessiterait un traitement beaucoup moins lourd. Ceci a pour effet de réduire le nombre de cas, la gravité des cancers diagnostiqués et enfin la mortalité due à cette maladie. Le deuxième moyen de prévenir l’incidence de ce cancer, c’est la vaccination.

Comment la vaccination peut-elle protéger du cancer ?

La quasi-totalité des cancers du col utérin sont dus à un virus que l’on appelle le papillomavirus. Alors il s’agit d’une famille de virus qui compte environ 200 types connus à ce jour. On l’appelle comme ça en référence au papillome humain, qui correspond à une tumeur bénigne d’un certain type d’épithélium, et donc le virus responsable de ce papillome a été appelé virus du papillome humain, ou encore HPV pour human papillomavirus en anglais. Alors virus, épithélium, col utérin, cancer, tout cela est bien évidemment lié et on va y venir. Pour le comprendre, il faut se pencher sur le mode d’action du HPV, et plus précisément sur son tropisme. Le tropisme d’un virus, ça concerne les conditions dans lesquelles ce virus va se développer.

Le tropisme du HPV est très spécifique d’un tissu : l’épithélium. Pour rappel, un épithélium est un tissu constitué de cellules qui sont jointives, et qui va servir de revêtement. On en trouve bien sûr dans la peau mais aussi dans toutes les cavités du corps. L’épithélium, c’est aussi ce qui va composer la structure d’une muqueuse, qui est faite d’un tissu conjonctif, d’une lame basale et donc d’un épithélium juste au-dessus. Les muqueuses servent à tapisser les cavités du corps qui sont en continuité avec la peau, par exemple : le tube digestif, l’appareil respiratoire ou encore l’appareil uro-génital.

Le HPV va infecter les cellules en position basales dans l’épithélium, va activer son mécanisme de réplication en utilisant la machinerie transcriptionnelle de la cellule et va utiliser le développement et la division cellulaire normale du tissu pour fabriquer ses propres virions. Donc l’infection va être présente dans l’épithélium, et par conséquent dans les endroits du corps où on retrouve une muqueuse. En pratique les points d’infection décrits sont essentiellement l’appareil génital et les voies aériennes supérieures. C’est d’ailleurs pour cela que ce virus va non seulement provoquer le cancer du col utérin mais aussi d’autres cancers liés à ces zones.

Mais quel est le rapport exact entre ce virus et l’apparition d’un cancer ?

Dans le mécanisme de réplication du virus, il doit tout d’abord entrer dans la cellule et utiliser le système de production de protéine de cette cellule pour son propre compte, c’est-à-dire pour produire ses protéines à partir de son ADN. Il y a donc des mécanismes d’interactions très importantes entre le virus et l’ADN de la cellule.
Parmi ses mécanismes, et notamment pour se protéger du système immunitaire de l’hôte, certains vont interagir avec des gènes dit suppresseurs de tumeur. On en a parlé dans l’article sur le processus de cancérogénèse, dans le principe, ces gènes peuvent programmer l’apoptose, c’est-à-dire la mort de la cellule dans un cas d’altération de l’ADN pour éviter qu’elle ne se divise et entraîne avec elle la propagation de sa mutation. Si ces gènes suppresseurs de tumeur ne sont pas fonctionnels, la cellule devient immortelle et peut entamer un processus de cancérogénèse. Et c’est précisément de que le HPV peut faire : entraîner l’inactivation de ces gènes suppresseurs de tumeurs ; il est donc capable de provoquer par son infection l’apparition d’un processus de cancérogénèse, donc d’un cancer.
C’est pour cela que la vaccination contre le HPV est indiquée pour prévenir de l’apparition du cancer du col de l’utérus. A partir de là, on pourrait penser que ce sujet ne concerne que les femmes. En fait, pas vraiment. En effet, vu son tropisme, le HPV se transmet par contact lors de rapports intimes, faisant de son infection une IST, c’est-à-dire une infection sexuellement transmissible. Les risques de transmission sont considérés réels dès le début de la vie sexuellement active et touche potentiellement tout le monde, hommes compris. On estime que 70 % de la population est ou a été en contact au moins une fois dans sa vie avec le virus. Ce qui fait qu’une grande partie de la population est porteuse et donc vectrice. Dans la grande majorité des cas, le virus est évacué par le système immunitaire et aucun symptôme n’apparait jamais. En revanche, lorsque le virus reste et produit une infection à long terme, il présente un risque d’apparition de cancer. C’est aussi pour cela que l’âge médian de diagnostic ne correspond pas du tout au début de la vie sexuellement active ; on considère qu’il faut environ 15 à 20 ans pour que l’infection conduise à l’apparition d’un cancer.
En pratique aujourd’hui, la vaccination se fait chez les jeunes filles entre 11 et 14 ans et nécessite 2 à 3 injections en fonction du vaccin et de l’âge. Le rattrapage vaccinal est quant à lui recommandé entre 15 et 19 ans. A partir de janvier 2021, ces recommandations s’appliqueront aussi à tous les garçons. Enfin, il est très important de savoir que la vaccination ne dispense pas du dépistage tous les trois ans qui reste très important dans la prévention de cette maladie.

Olivier Roca, fondateur de Sharpen Picture
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