CANNABIS THERAPEUTIQUE : LA VERSATILITE DES SUBSTANCES

Cette année la France, et plus précisément l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM), va encadrer une étude clinique d’envergure pour tester la faisabilité de l’utilisation du cannabis médical dans un cadre strictement thérapeutique. Mais alors pourquoi une substance qui par ailleurs, est surtout connue pour ses effets addictifs et négatifs sur le plan de la santé, serait-elle envisagée pour justement être utilisée dans des indications pour la santé ? Il est clair que cette substance a des effets bénéfiques dans certains cas et dans une certaine mesure d’utilisation. Par exemple des effets analgésiques ou encore anxiolytiques et plus généralement des effets dits psychoactifs.
Mais dans une réflexion plus fondamentaliste, on pourrait se demander comment une substance comme celle qui est active dans le cannabis, c’est-à-dire issue d’une plante, a des effets sur un cerveau humain ?

Un mécanisme de neuromodulation

Pour le comprendre, il faut s’intéresser au fonctionnement du cerveau. Les fonctions cérébrales sont assurées par des groupes de neurones qui s’activent de façon organisée. A l’échelle d’un neurone, cette activité est électrique et provient d’une transmission d’information par d’autres neurones. Afin que l’activité d’un groupe entier de neurones soit coordonnée, il est nécessaire que l’activité électrique de chaque neurone soit régulée par des molécules que l’on appelle des neuromodulateurs. Ces neuromodulateurs vont régler finement le niveau d’activité des neurones afin que l’ensemble soit cohérent et que la fonction cérébrale soit assurée efficacement.
Si l’on revient sur le cas du cannabis, la substance active s’appelle le tétra-hydro-cannabinol, le THC, cette molécule fait partie de la classe des cannabinoïdes et il se trouve que certains neuromodulateurs font également partie de cette classe ; on les appelle des endocannainoïdes, endo pour endogènes, c’est-à-dire fabriqués par l’organisme. Ces molécules vont agir sur l’activité des neurones par l’intermédiaire de récépteurs auxquels ils vont se lier. Et l’explication est là : si de tels récepteurs existent dans le cerveau, pouvant se lier à des cannabinoïdes endogènes et réguler l’activité des neurones, et donc agir sur les fonctions cérébrales, ces mêmes récepteurs peuvent reconnaître également des cannabinoïdes exogènes comme le THC issu du cannabis et produire des effets psychoactifs.
Donc ces substances issues des plantes tirent leurs effets pychoactifs d’une ressemblance chimique à une classe de neuromodulateurs naturellement utilisés dans le cerveau. Mais alors pourquoi d’un côté on a des neuromodulateurs naturels essentiels au bon fonctionnement du cerveau, et de l’autre une substance qui apparemment a les mêmes effets mais qui en pratique peut être dangereuse pour l’organisme ?

Une similarité neurochimique, mais des effets différents

Ceci vient du fait que lorsque que le cannabis est consommé de manière récréative, le taux de TCH, la durée de son activité dans le cerveau, et le lieu d’action dans les différentes zones cérébrales sont radicalement différentes par rapport au mode d’utilisation d’un neuromodulateur endogène. En clair, il ne suffit pas de ressembler à la molécule endogène pour avoir les mêmes effets. La dose et le mode d’utilisation sont essentiels. De plus, dans un système de neuromodulation comme le système endocannabinoïde, les zones cérébrales, et donc les fonctions cérébrales potentiellement sensibles à ces substances sont multiples. Dans le cas naturel, l’utilisation d’un neuromodulateur est très localisée et à des doses extrêmement faibles, alors que dans une utilisation artificielle (récréative ou thérapeutique), la substance arrive tôt ou tard dans le sang, donc se diffuse partout dans le cerveau et à des doses beaucoup plus importantes.

La versatilité des substances

L’enjeu dans ce type de stratégie thérapeutique c’est de faire face à la versatilité des substances neurochimiques. Lorsque l’on utilise une substance qui va interagir avec un système de neuromodulation, on doit s’attendre à des effets multiples, voir des effets dits secondaires et le but est de trouver le bon dosage et la bonne utilisation pour éviter au maximum ces effets secondaires.
Dans le cas du cannabis thérapeutique, les indications cliniques sont très claires et très encadrées, tout comme le dosage.

 

 

Olivier Roca, fondateur de Sharpen Picture

 

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