VACCIN ANTI-SARS-COV-2 : EST-IL FIABLE ? PARTIE 1

Nous allons nous intéresser au vaccin contre le sars-cov-2 qui a été autorisé récemment et qu’on commence à donner dans plusieurs pays. On entend beaucoup de choses à ce sujet et aussi beaucoup d’inquiétude. Il y a deux questions qui semblent intéressantes à développer : est-ce qu’on doit s’inquiéter du vaccin sur la base qu’il utilise une plateforme ARN ? puis le vaccin est-il lui-même fiable, pas dangereux et surtout est-ce qu’il et efficace?

La nature, le rôle de l’ARN et le principe de la vaccination.

Pour la première question, deux petits rappels : sur la nature et le rôle de l’ARN, puis sur le principe de la vaccination. Dans une cellule il y a 2 compartiments, le noyau dans lequel on trouve le matériel génétique sous forme d’ADN, PUIS LE CYTOPLASME dans lequel il se produit beaucoup de choses et notamment la fabrication des protéines.

Une protéine est une grosse molécule qui va avoir une fonction donnée, comme l’insuline par exemple qui est une hormone impliquée dans la régulation de la glycémie, c’est une protéine qui est fabriquée par des cellules (en l’occurrence des cellules pancréatiques). Quand on y regarde de plus près, une protéine, c’est un assemblage de petits blocs moléculaires qu’on appelle les acides aminés, et qui vont devoir être combinés dans un certain ordre pour donner la bonne protéine. Si la combinaison est différente, la protéine est différente aussi. Donc la cellule a besoin d’un plan d’assemblage. Ça tombe bien, elle possède cette information dans l’ADN du noyau.

Le problème c’est que l’ADN ne peut pas sortir du noyau pour aller livrer cette information aux appareils moléculaires qui vont fabriquer la protéine. La cellule a une astuce pour ça : elle va faire une copie de la partie de l’ADN qui contient le plan d’assemblage sous une forme moléculaire très similaire à l’ADN mais qui peut traverser la membrane du noyau : c’est l’ARN, dans ce cas on parle d’ARN messager puisqu’il porte littéralement un message.

Ensuite il va être lu par le matériel d’assemblage des protéines, le ribosome, qui va pouvoir fabriquer la bonne protéine. A ce stade, on voit que l’ARN est une molécule parfaitement banale, qui est produite naturellement par la cellule et il en existe des millions de copies dans chaque cellule et à chaque instant de la vie de l’individu.

Mais quel rapport avec le vaccin ?

Pour cela on va revenir rapidement sur le principe de la vaccination. Lorsqu’un corps étranger, comme un virus, se balade dans l’organisme, il va rapidement être reconnu par le système immunitaire en tant que tel. Il va donc s’activer, les cellules immunitaires, entre autres les lymphocytes vont de développer et produire des anticorps qui auront la capacité de d’accrocher au virus. S’ensuit alors une chaine de réactions qui aboutit à la destruction du virus. Cela prend du temps, et pendant ce temps-là, le virus peut provoquer les symptômes de la maladie.

En revanche, si le même virus réinfecte le même organisme une deuxième fois, le système immunitaire, qui est doté d’une mémoire, l’attend gentiment avec son armée de lymphocytes et d’anticorps. Lorsqu’on vaccine, on mime le premier contact. On va utiliser un virus atténué, donc inoffensif, ou des particules virales pour stimuler le système immunitaire et déclencher une réaction de sa part, pour lui permettre donc d’être prêt dans le cas d’une véritable infection par le virus.

Dans le cas du vaccin anti-sars-cov-2, on utilise une protéine virale appelée spike, ou s ou spicule ou encore péplomère, qui est l’antigène qui va évoquer la réaction immunitaire. Et ce qu’on injecte par la vaccination, c’est de l’ARNm qui code pour cette protéine. Si on se replace dans le contexte de la cellule, les cellules de l’individu vacciné vont utiliser cet ARNm pour fabriquer la protéine virale. Et donc, cette protéine une fois diffusée dans l’organisme va pouvoir déclencher la réaction immunitaire.

Pour répondre à la question, la molécule d’ARN par nature n’est pas dangereuse car c’est une molécule tout à fait banale pour la cellule, de plus elle ne peut pas revenir dans le noyau donc il n’y a aucun danger de mutations qui seraient provoquées par ce vaccin.

Maintenant on peut se demander si le vaccin lui-même, ARN ou pas, est bien fiable, sûr et efficace.

Le vaccin lui-même, ARN ou pas, est-il fiable, sûr et efficace ?

Pour répondre à cette deuxième question, il faut s’intéresser à la manière dont ce vaccin été validé, qui est la même méthode pour tous les médicaments qui sont autorisés sur le marché. Cette validation passe par trois phases d’essais cliniques : la phase un permet de détecter d’éventuels toxicités et effets indésirables, sur un très faible échantillon de personnes, et elle permet de trouver le bon dosage. Si c’est concluant, on passe à la phase 2 qui établit l’efficacité sur un échantillon un peu plus grand.

Si l’efficacité est avérée, la phase trois mesure le bénéfice du traitement sur un très grand nombre de personnes (dans le cas du vaccin en question, il y avait plusieurs dizaines de personnes) avec des groupes séparés qui permettent de faire des analyses statistiques poussées et d’établir une vraie démonstration. Si on prend un exemple complètement fictif, la phase 3 schématiquement repose sur deux groupes, le premier à qui on donne le vaccin, et le deuxième à qui on donne le placébo c’est-à-dire le même protocole en tous points sauf qu’il ne contient pas le vrai vaccin. Là on a deux possibilités, soit l’incidence de la maladie est la même dans les deux groupes, auquel cas le vaccin est inefficace, soit il y a beaucoup moins de cas dans le groupe vacciné et on en conclue que le vaccin est efficace.

C’est ce qu’a conclue la phase 3 du vaccin anti-sars-cov-2 et à ce moment-là, une demande d’autorisation de mise sur le marché est demandée par le laboratoire. Cette autorisation est délivrée en France par l’ANSM qui contrôle très rigoureusement le dossier avant de donner le feu vert.

La conclusion de ces essais cliniques est qu’il n’y a pas d’effets indésirables graves, et que l’efficacité du vaccin dépasse 90% ce qui est très élevé.

Donc oui, le vaccin représente un vrai bénéfice et il est fiable.

Maintenant, il y a une troisième question qu’on pourrait se poser sur ce vaccin. Il y a quelques semaines, on a commencé à entendre parler des variant du virus. Il s’agit du même virus mais qui a subi des mutations depuis le début de la pandémie. On sait que le variant britannique est différent sur la contagiosité. On peut se poser la question de l’efficacité du vaccin sur ce nouveau variant.

A suivre

Olivier Roca, fondateur de Sharpen Picture
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